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Vos poèmes préférés . 1) Verlaine : Mon rêve familier

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Exil

Exil



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MessageSujet: Vos poèmes préférés . 1) Verlaine : Mon rêve familier Vos poèmes préférés . 1) Verlaine : Mon rêve familier - Page 2 Icon_minitimeLun 24 Avr - 19:13

Rappel du premier message :

Permettez-moi de vous faire partager ce merveilleux poème de Verlaine intitulé : Mon rêve familier

Paul VERLAINE   (1844-1896)

Mon rêve familier

Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant
D'une femme inconnue, et que j'aime, et qui m'aime
Et qui n'est, chaque fois, ni tout à fait la même
Ni tout à fait une autre, et m'aime et me comprend.

Car elle me comprend, et mon coeur, transparent
Pour elle seule, hélas ! cesse d'être un problème
Pour elle seule, et les moiteurs de mon front blême,
Elle seule les sait rafraîchir, en pleurant.

Est-elle brune, blonde ou rousse ? - Je l'ignore.
Son nom ? Je me souviens qu'il est doux et sonore
Comme ceux des aimés que la Vie exila.

Son regard est pareil au regard des statues,
Et, pour sa voix, lointaine, et calme, et grave, elle a
L'inflexion des voix chères qui se sont tues.


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AuteurMessage
marie48

·.·★Star'joueuse★·.· ·.·★Star'joueuse★·.·



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MessageSujet: Re: Vos poèmes préférés . 1) Verlaine : Mon rêve familier Vos poèmes préférés . 1) Verlaine : Mon rêve familier - Page 2 Icon_minitimeMar 25 Avr - 13:48

vous avez raison empereur argos barateur est un charmeur
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barateur




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MessageSujet: Re: Vos poèmes préférés . 1) Verlaine : Mon rêve familier Vos poèmes préférés . 1) Verlaine : Mon rêve familier - Page 2 Icon_minitimeMar 25 Avr - 14:15

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] a écrit:
Je n'ai qu'une seule chose à dire, à tous les conteurs :
très loin d'être un râleur...

L'ami Barateur est un excellent narrateur
qui mérite grandement, d'avoir tout un lot d'admirateurs !

oui :cool: chise  

*J'espère très sincèrement que les Dames de "Petite Feuille" ne m'en voudront pas trop, de les avoir un petit peu oubliées dans mon très court texte ?! siffle  Mais l'emploi du "féminin" n'y aurait pas fait de très jolies rimes ! hapy

merci mon ami le charmeur
je crois bien en ta clameur
aucun doute sur ton admiration
surtout après les élections
c'est pas pour appâter barateur
et en faire un dévoué électeur.
ton message est plein de sincérité
au prochain tour, en toute sérénité
comptes sur ma fraternité


Monsieur le premier Ministre Blagueur haha haha
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Lydie

Lydie



Féminin
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MessageSujet: Re: Vos poèmes préférés . 1) Verlaine : Mon rêve familier Vos poèmes préférés . 1) Verlaine : Mon rêve familier - Page 2 Icon_minitimeMar 25 Avr - 14:21

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] a écrit:
Ah que de grands auteurs
Au verbe doux et flatteur
Ils font de l’ombre à barateur
Ou sont donc mes admirateurs ?
Et mes écrits bienfaiteurs
N’intéressent plus les lecteurs ?
N’intervenez pas amis(e) modérateurs
Je veux l’avis de l’administrateur
Qui est censé(e) noter ses auteurs
Et surtout …ses rédacteurs !!!
ou alors je suis plus à la hauteur
certes je ne suis qu'un conteur
mais loin d’être un menteur
si je vous le dis chers "blabalteurs"
que son Altesse ...
vient de s'ajouter un an au compteur

Bon anniversaire Altesse  bisous

j'ai rien préparé pour l’événement pour des raisons
de santé tout simplement  

ton obligé : barateur

Merci mon ami du soleil jtaimefort je sais qu'il t'a fallu un effort sachant ta mauvaise santé Crying or Very sad merci et bon courage à toi jtaimefort



j'ajoute que vous êtes tous formidables dans vos écrits et je vous aime mes amis (e) jtaimefort


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Béatricejp

Béatricejp



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MessageSujet: Mon poème préféré Senghor Vos poèmes préférés . 1) Verlaine : Mon rêve familier - Page 2 Icon_minitimeMar 25 Avr - 16:18

Mon poème préféré ? Un poème de Senghor qui magnifie la femme noire


Femme nue, femme noire
Vêtue de ta couleur qui est vie, de ta forme qui est beauté
J'ai grandi à ton ombre; la douceur de tes mains bandait mes yeux
Et voilà qu'au cœur de l'Eté et de Midi,
Je te découvre, Terre promise, du haut d'un haut col calciné
Et ta beauté me foudroie en plein cœur, comme l'éclair d'un aigle
Femme nue, femme obscure
Fruit mûr à la chair ferme, sombres extases du vin noir, bouche qui fais
lyrique ma bouche
Savane aux horizons purs, savane qui frémis aux caresses ferventes du
Vent d'Est
Tamtam sculpté, tamtam tendu qui gronde sous les doigts du vainqueur
Ta voix grave de contralto est le chant spirituel de l'Aimée

Femme noire, femme obscure
Huile que ne ride nul souffle, huile calme aux flancs de l'athlète, aux
flancs des princes du Mali
Gazelle aux attaches célestes, les perles sont étoiles sur la nuit de ta
peau.

Délices des jeux de l'Esprit, les reflets de l'or ronge ta peau qui se moire

A l'ombre de ta chevelure, s'éclaire mon angoisse aux soleils prochains

de tes yeux.

Femme nue, femme noire
Je chante ta beauté qui passe, forme que je fixe dans l'Eternel
Avant que le destin jaloux ne te réduise en cendres pour nourrir les
racines de la vie.


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          Les méchants haïssent et envient, c'est leur manière d'admirer.
          Victor Hugo
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Exil

Exil



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MessageSujet: Re: Vos poèmes préférés . 1) Verlaine : Mon rêve familier Vos poèmes préférés . 1) Verlaine : Mon rêve familier - Page 2 Icon_minitimeMar 25 Avr - 18:55

Alfred de MUSSET (1810-1857)

Les voeux stériles

Puisque c'est ton métier, misérable poète,
Même en ces temps d'orage, où la bouche est muette,
Tandis que le bras parle, et que la fiction
Disparaît comme un songe au bruit de l'action ;
Puisque c'est ton métier de faire de ton âme
Une prostituée, et que, joie ou douleur,
Tout demande sans cesse à sortir de ton coeur ;
Que du moins l'histrion, couvert d'un masque infâme,
N'aille pas, dégradant ta pensée avec lui,
Sur d'ignobles tréteaux la mettre au pilori ;
Que nul plan, nul détour, nul voile ne l'ombrage.
Abandonne aux vieillards sans force et sans courage
Ce travail d'araignée, et tous ces fils honteux
Dont s'entoure en tremblant l'orgueil qui craint les yeux.
Point d'autel, de trépied, point d'arrière aux profanes !
Que ta muse, brisant le luth des courtisanes,
Fasse vibrer sans peur l'air de la liberté ;
Qu'elle marche pieds nus, comme la vérité.

O Machiavel ! tes pas retentissent encore
Dans les sentiers déserts de San Casciano.
Là, sous des cieux ardents dont l'air sèche et dévore,
Tu cultivais en vain un sol maigre et sans eau.
Ta main, lasse le soir d'avoir creusé la terre,
Frappait ton pâle front dans le calme des nuits.
Là, tu fus sans espoir, sans proches, sans amis ;
La vile oisiveté, fille de la misère,
A ton ombre en tous lieux se traînait lentement,
Et buvait dans ton coeur les flots purs de ton sang :
"Qui suis-je ? écrivais-tu; qu'on me donne une pierre,
"Une roche à rouler ; c'est la paix des tombeaux
"Que je fuis, et je tends des bras las du repos."

C'est ainsi, Machiavel, qu'avec toi je m'écrie :
O médiocre, celui qui pour tout bien
T'apporte à ce tripot dégoûtant de la vie,
Est bien poltron au jeu, s'il ne dit : Tout ou rien.
Je suis jeune; j'arrive. A moitié de ma route,
Déjà las de marcher, je me suis retourné.
La science de l'homme est le mépris sans doute ;
C'est un droit de vieillard qui ne m'est pas donné.
Mais qu'en dois-je penser ? Il n'existe qu'un être
Que je puisse en entier et constamment connaître
Sur qui mon jugement puisse au moins faire foi,
Un seul !... Je le méprise. - Et cet être, c'est moi.

Qu'ai-je fait ? qu'ai-je appris ? - Le temps est si rapide !
L'enfant marche joyeux, sans songer au chemin ;
Il le croit infini, n'en voyant pas la fin.
Tout à coup il rencontre une source limpide,
Il s'arrête, il se penche, il y voit un vieillard.
Que me dirai-je alors ? Quand j'aurai fait mes peines,
Quand on m'entendra dire : Hélas ! il est trop tard ;
Quand ce sang, qui bouillonne aujourd'hui dans mes veines
Et s'irrite en criant contre un lâche repos,
S'arrêtera, glacé jusqu'au fond de mes os...
O vieillesse ! à quoi donc sert ton expérience ?
Que te sert, spectre vain, de te courber d'avance
Vers le commun tombeau des hommes, si la mort
Se tait en y rentrant, lorsque la vie en sort ?
N'existait-il donc pas à cette loterie
Un joueur par le sort assez bien abattu
Pour que, me rencontrant sur le seuil de la vie,
Il me dît en sortant : N'entrez pas, j'ai perdu !

Grèce, ô mère des arts, terre d'idolâtrie,
De mes voeux insensés éternelle patrie,
J'étais né pour ces temps où les fleurs de ton front
Couronnaient dans les mers l'azur de l'Hellespont.
Je suis un citoyen de tes siècles antiques;
Mon âme avec l'abeille erre sous tes portiques.
La langue de ton peuple, ô Grèce, peut mourir ;
Nous pouvons oublier le nom de tes montagnes ;
Mais qu'en fouillant le sein de tes blondes campagnes
Nos regards tout à coup viennent à découvrir
Quelque dieu de tes bois, quelque Vénus perdue...
La langue que parlait le coeur de Phidias
Sera toujours vivante et toujours entendue ;
Les marbres l'ont apprise, et ne l'oublieront pas.
Et toi, vieille Italie, où sont ces jours tranquilles
Où sous le toit des cours Rome avait abrité
Les arts, ces dieux amis, fils de l'oisiveté ?
Quand tes peintres alors s'en allaient par les villes,
Elevant des palais, des tombeaux, des autels,
Triomphants, honorés, dieux parmi les mortels ;
Quand tout, à leur parole, enfantait des merveilles,
Quand Rome combattait Venise et les Lombards,
Alors c'étaient des temps bienheureux pour les arts !
Là, c'était Michel-Ange, affaibli par les veilles,
Pâle au milieu des morts, un scalpel à la main,
Cherchant la vie au fond de ce néant humain,
Levant de temps en temps sa tête appesantie,
Pour jeter un regard de colère et d'envie
Sur les palais de Rome, où, du pied de l'autel,
A ses rivaux de loin souriait Raphaël.
Là, c'était le Corrège, homme pauvre et modeste,
Travaillant pour son coeur, laissant à Dieu le reste ;
Le Giorgione, superbe, au jeune Titien
Montrant du sein des mers son beau ciel vénitien ;
Bartholomé, pensif, le front dans la poussière,
Brisant son jeune coeur sur un autel de pierre,
Interrogé tout bas sur l'art par Raphaël,
Et bornant sa réponse à lui montrer le ciel...
Temps heureux, temps aimés ! Mes mains alors peut-être,
Mes lâches mains, pour vous auraient pu s'occuper ;
Mais aujourd'hui pour qui ? dans quel but ? sous quel maître ?
L'artiste est un marchand, et l'art est un métier.
Un pâle simulacre, une vile copie,
Naissent sous le soleil ardent de l'Italie...
Nos oeuvres ont un an, nos gloires ont un jour ;
Tout est mort en Europe, - oui, tout, - jusqu'à l'amour.

Ah ! qui que vous soyez, vous qu'un fatal génie
Pousse à ce malheureux métier de poésie
Rejetez loin de vous, chassez-moi hardiment
Toute sincérité; gardez que l'on ne voie
Tomber de votre coeur quelques gouttes de sang ;
Sinon, vous apprendrez que la plus courte joie
Coûte cher, que le sage est ami du repos,
Que les indifférents sont d'excellents bourreaux.

Heureux, trois fois heureux, l'homme dont la pensée
Peut s'écrire au tranchant du sabre ou de l'épée !
Ah ! qu'il doit mépriser ces rêveurs insensés
Qui, lorsqu'ils ont pétri d'une fange sans vie
Un vil fantôme, un songe, une froide effigie,
S'arrêtent pleins d'orgueil, et disent : C'est assez !
Qu'est la pensée, hélas ! quand l'action commence ?
L'une recule où l'autre intrépide s'avance.
Au redoutable aspect de la réalité,
Celle-ci prend le fer, et s'apprête à combattre ;
Celle-là, frêle idole, et qu'un rien peut abattre,
Se détourne, en voilant son front inanimé.

Meurs, Weber ! meurs courbé sur ta harpe muette ;
Mozart t'attend. - Et toi, misérable poète,
Qui que tu sois, enfant, homme, si ton coeur bat,
Agis ! jette ta lyre; au combat, au combat !
Ombre des temps passés, tu n'es pas de cet âge.
Entend-on le nocher chanter pendant l'orage ?
A l'action ! au mal ! Le bien reste ignoré.
Allons ! cherche un égal à des maux sans remède.
Malheur à qui nous fit ce sens dénaturé !
Le mal cherche le mal, et qui souffre nous aide.
L'homme peut haïr l'homme, et fuir; mais malgré lui,
Sa douleur tend la main à la douleur d'autrui.
C'est tout. Pour la pitié, ce mot dont on nous leurre,
Et pour tous ces discours prostitués sans fin,
Que l'homme au coeur joyeux jette à celui qui pleure,
Comme le riche jette au mendiant son pain,
Qui pourrait en vouloir ? et comment le vulgaire,
Quand c'est vous qui souffrez, pourrait-il le sentir,
Lui que Dieu n'a pas fait capable de souffrir ?

Allez sur une place, étalez sur la terre
Un corps plus mutilé que celui d'un martyr,
Informe, dégoûtant, traîné sur une claie,
Et soulevant déjà l'âme prête à partir ;
La foule vous suivra. Quand la douleur est vraie,
Elle l'aime. Vos maux, dont on vous saura gré,
Feront horreur à tous, à quelques-uns pitié.
Mais changez de façon : découvrez-leur une âme
Par le chagrin brisée, une douleur sans fard,
Et dans un jeune coeur des regrets de vieillard ;
Dites-leur que sans mère, et sans soeur, et sans femme,
Sans savoir où verser, avant que de mourir,
Les pleurs que votre sein peut encor contenir,
Jusqu'au soleil couchant vous n'irez point peut-être...
Qui trouvera le temps d'écouter vos malheurs ?
On croit au sang qui coule, et l'on doute des pleurs.
Votre ami passera, mais sans vous reconnaître.

Tu te gonfles, mon coeur?... Des pleurs, le croirais-tu,
Tandis que j'écrivais ont baigné mon visage.
Le fer me manque-t-il, ou ma main sans courage
A-t-elle lâchement glissé sur mon sein nu ?
Non, rien de tout cela. Mais si loin que la haine
De cette destinée aveugle et sans pudeur
Ira, j'y veux aller. - J'aurai du moins le coeur
De la mener si bas que la honte l'en prenne.


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Lydie

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MessageSujet: Re: Vos poèmes préférés . 1) Verlaine : Mon rêve familier Vos poèmes préférés . 1) Verlaine : Mon rêve familier - Page 2 Icon_minitimeMar 25 Avr - 19:06

O vieillesse! à quoi donc sert ton expérience?
Que te sert, spectre vain, de te courber d'avance
Vers le commun tombeau des hommes, si la mort
Se tait en y rentrant, lorsque la vie en sort?

...... silence .... méditation Wink


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MessageSujet: Re: Vos poèmes préférés . 1) Verlaine : Mon rêve familier Vos poèmes préférés . 1) Verlaine : Mon rêve familier - Page 2 Icon_minitimeMar 25 Avr - 19:18

Merci Chère Lydie pour ces quelques vers qui me ramènent à la vie poétique et réveillent mon inspiration !!! merci merci merci


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Lydie

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MessageSujet: Re: Vos poèmes préférés . 1) Verlaine : Mon rêve familier Vos poèmes préférés . 1) Verlaine : Mon rêve familier - Page 2 Icon_minitimeMar 25 Avr - 19:20

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Merci Chère Lydie pour ces quelques vers qui me ramènent à la vie poétique et réveillent mon inspiration !!!   merci  merci  merci

de rien mon ami, merci à toi merci


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Pestoune

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MessageSujet: Re: Vos poèmes préférés . 1) Verlaine : Mon rêve familier Vos poèmes préférés . 1) Verlaine : Mon rêve familier - Page 2 Icon_minitimeDim 16 Juil - 21:06

Alfred de Vigny (1797-1863)

La mort du Loup

Les nuages couraient sur la lune enflammée
Comme sur l'incendie on voit fuir la fumée,
Et les bois étaient noirs jusques à l'horizon.
Nous marchions sans parler, dans l'humide gazon,
Dans la bruyère épaisse et dans les hautes brandes,
Lorsque, sous des sapins pareils à ceux des Landes,
Nous avons aperçus les grands ongles marqués
Par les loups voyageurs que nous avions traqués.
Nous avons écouté, retenant notre haleine
Et le pas suspendu. -- Ni le bois, ni la plaine
Ne poussait un soupir dans les airs; Seulement
La girouette en deuil criait au firmament;
Car le vent élevé bien au dessus des terres,
N'effleurait de ses pieds que les tours solitaires,
Et les chênes d'en-bas, contre les rocs penchés,
Sur leurs coudes semblaient endormis et couchés.
Rien ne bruissait donc, lorsque baissant la tête,
Le plus vieux des chasseurs qui s'étaient mis en quête
A regardé le sable en s'y couchant; Bientôt,
Lui que jamais ici on ne vit en défaut,
A déclaré tout bas que ces marques récentes
Annonçait la démarche et les griffes puissantes
De deux grands loups-cerviers et de deux louveteaux.
Nous avons tous alors préparé nos couteaux,
Et, cachant nos fusils et leurs lueurs trop blanches,
Nous allions pas à pas en écartant les branches.
Trois s'arrêtent, et moi, cherchant ce qu'ils voyaient,
J'aperçois tout à coup deux yeux qui flamboyaient,
Et je vois au delà quatre formes légères
Qui dansaient sous la lune au milieu des bruyères,
Comme font chaque jour, à grand bruit sous nos yeux,
Quand le maître revient, les lévriers joyeux.
Leur forme était semblable et semblable la danse;
Mais les enfants du loup se jouaient en silence,
Sachant bien qu'à deux pas, ne dormant qu'à demi,
Se couche dans ses murs l'homme, leur ennemi.
Le père était debout, et plus loin, contre un arbre,
Sa louve reposait comme celle de marbre
Qu'adorait les romains, et dont les flancs velus
Couvaient les demi-dieux Rémus et Romulus.
Le Loup vient et s'assied, les deux jambes dressées,
Par leurs ongles crochus dans le sable enfoncées.
Il s'est jugé perdu, puisqu'il était surpris,
Sa retraite coupée et tous ses chemins pris,
Alors il a saisi, dans sa gueule brûlante,
Du chien le plus hardi la gorge pantelante,
Et n'a pas desserré ses mâchoires de fer,
Malgré nos coups de feu, qui traversaient sa chair,
Et nos couteaux aigus qui, comme des tenailles,
Se croisaient en plongeant dans ses larges entrailles,
Jusqu'au dernier moment où le chien étranglé,
Mort longtemps avant lui, sous ses pieds a roulé.
Le Loup le quitte alors et puis il nous regarde.
Les couteaux lui restaient au flanc jusqu'à la garde,
Le clouaient au gazon tout baigné dans son sang;
Nos fusils l'entouraient en sinistre croissant.
Il nous regarde encore, ensuite il se recouche,
Tout en léchant le sang répandu sur sa bouche,
Et, sans daigner savoir comment il a péri,
Refermant ses grands yeux, meurt sans jeter un cri.

J'ai reposé mon front sur mon fusil sans poudre,
Me prenant à penser, et n'ai pu me résoudre
A poursuivre sa Louve et ses fils qui, tous trois,
Avaient voulu l'attendre, et, comme je le crois,
Sans ses deux louveteaux, la belle et sombre veuve
Ne l'eut pas laissé seul subir la grande épreuve;
Mais son devoir était de les sauver, afin
De pouvoir leur apprendre à bien souffrir la faim,
A ne jamais entrer dans le pacte des villes,
Que l'homme a fait avec les animaux serviles
Qui chassent devant lui, pour avoir le coucher,
Les premiers possesseurs du bois et du rocher.

Hélas! ai-je pensé, malgré ce grand nom d'Hommes,
Que j'ai honte de nous , débiles que nous sommes!
Comment on doit quitter la vie et tous ses maux,
C'est vous qui le savez sublimes animaux.
A voir ce que l'on fut sur terre et ce qu'on laisse,
Seul le silence est grand; tout le reste est faiblesse.
--Ah! je t'ai bien compris, sauvage voyageur,
Et ton dernier regard m'est allé jusqu'au coeur.
Il disait: " Si tu peux, fais que ton âme arrive,
A force de rester studieuse et pensive,
Jusqu'à ce haut degré de stoïque fierté
Où, naissant dans les bois, j'ai tout d'abord monté.
Gémir, pleurer prier est également lâche.
Fais énergiquement ta longue et lourde tâche
Dans la voie où le sort a voulu t'appeler,
Puis, après, comme moi, souffre et meurs sans parler."


Le souvenir, c’est la présence invisible.

Victor Hugo

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Dernière édition par Pestoune le Lun 17 Juil - 12:43, édité 1 fois
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Lydie

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MessageSujet: Re: Vos poèmes préférés . 1) Verlaine : Mon rêve familier Vos poèmes préférés . 1) Verlaine : Mon rêve familier - Page 2 Icon_minitimeLun 17 Juil - 10:38

Pestoune , je complète Wink Alfred de VIGNY (1797-1863) Smile

En lisant ce poème, des larmes amères coulent lentement sur mes joues Sad et noble bête que le loup fier et humble c'est déchirant de faire la constatation de la fin de toutes les merveilleuses créatures sur la planète Et la biensur Je nous exclus … nous les hommes...... C’est en le lisant que j’ai compris la relation stupide de l’homme vis à vis de l’animal ! Sublime coeur
merci Pestoune merci


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Pestoune

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MessageSujet: Re: Vos poèmes préférés . 1) Verlaine : Mon rêve familier Vos poèmes préférés . 1) Verlaine : Mon rêve familier - Page 2 Icon_minitimeLun 17 Juil - 12:44

Merci Lydie, je n'avais pas vu que le nom de l'auteur n'y était plus. Lorsque j'ai mis ce poème, je me suis rendue compte que vous mettiez tous les dates de naissance et de décès des poètes. Du coup j'ai recherché et en collant j'ai du effacer par erreur son nom.


Le souvenir, c’est la présence invisible.

Victor Hugo

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MessageSujet: Re: Vos poèmes préférés . 1) Verlaine : Mon rêve familier Vos poèmes préférés . 1) Verlaine : Mon rêve familier - Page 2 Icon_minitimeLun 17 Juil - 14:05

pas grave Wink merci


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MessageSujet: Re: Vos poèmes préférés . 1) Verlaine : Mon rêve familier Vos poèmes préférés . 1) Verlaine : Mon rêve familier - Page 2 Icon_minitimeLun 17 Juil - 21:41

Ah se Verlaine quel talent Smile
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Pestoune

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MessageSujet: Re: Vos poèmes préférés . 1) Verlaine : Mon rêve familier Vos poèmes préférés . 1) Verlaine : Mon rêve familier - Page 2 Icon_minitimeJeu 20 Juil - 18:35

La relation "juste" - Oriah Mountain Dreamer auteure et conférencière canadienne


"Je ne m’intéresse pas à la façon dont tu gagnes ta vie,

Je veux savoir à quoi tu aspires,

Et si tu oses rêver de réaliser le désir ardent de ton cœur.



Je ne m’intéresse pas à ton âge.

Je veux savoir, si pour la quête de l’amour et de tes rêves,

Pour l’aventure de te sentir vivre,

Tu prendras le risque d’être considéré comme fou.



Je ne m’intéresse pas aux astres qui croisent ta lune.

Je veux savoir si tu as touché le centre de ta propre souffrance,

Si les trahisons vécues t’ont ouvert,

Ou si tu t’es fané et renfermé par crainte des blessures à venir.



Je veux savoir si tu peux vivre avec la douleur, la tienne ou la mienne,

Sans t’agiter pour la cacher, l’amoindrir ou la fixer.



Je veux savoir si tu peux vivre avec la joie, la tienne ou la mienne,

Si tu oses danser, envahi par l’extase jusqu’au bout de tes mains, de tes pieds

Sans être prudent ou réaliste et sans te souvenir des conventions du genre humain.



Je ne m’intéresse pas à la véracité de l’histoire que tu racontes.

Je veux savoir si tu es capable de décevoir quelqu’un pour rester fidèle à toi-même,

Si tu supportes l’accusation d’une trahison, sans pour autant devenir infidèle à ton âme.



Je veux savoir si tu sais faire confiance, et si tu es digne de confiance.

Je veux savoir si tu peux voir la beauté, même lors des jours sombres

Et si tu peux trouver la source de ta vie dans la présence de cette beauté.



Je veux savoir si tu peux vivre avec l’échec, le tien ou le mien,

Et malgré cela rester debout au bord du lac

Et crier : "Oui !" au disque argenté de la lune.



Je ne m’intéresse pas à l’endroit où tu vis ni à la quantité d’argent que tu as.

Je veux savoir si après une nuit de chagrin et de désespoir,

Tu peux te lever et faire ce qui est nécessaire pour les enfants.



Je ne m’intéresse pas à ce que tu es, ni comment tu es arrivé ici.

Je veux savoir si tu peux rester au centre du feu avec moi, sans reculer.



Je ne m’intéresse pas à ce que tu as étudié, ni où, ni avec qui.

Je veux savoir ce qui te soutient de l’intérieur, lorsque tout le reste s’écroule.



Je veux savoir si tu peux être seul avec toi-même,

Et si tu aimes véritablement la compagnie de tes moments de vide."




Le souvenir, c’est la présence invisible.

Victor Hugo

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MessageSujet: Re: Vos poèmes préférés . 1) Verlaine : Mon rêve familier Vos poèmes préférés . 1) Verlaine : Mon rêve familier - Page 2 Icon_minitimeLun 24 Juil - 12:54

L'étranger de Charles Baudelaire


— Qui aimes-tu le mieux, homme énigmatique, dis ? ton père, ta mère, ta sœur ou ton frère ?

— Je n’ai ni père, ni mère, ni sœur, ni frère.

— Tes amis ?

— Vous vous servez là d’une parole dont le sens m’est resté jusqu’à ce jour inconnu.

— Ta patrie ?

— J’ignore sous quelle latitude elle est située.

— La beauté ?

— Je l’aimerais volontiers, déesse et immortelle.

— L’or ?

— Je le hais comme vous haïssez Dieu.

— Eh ! qu’aimes-tu donc, extraordinaire étranger ?

— J’aime les nuages… les nuages qui passent… là-bas… les merveilleux nuages !



Charles Baudelaire, Petits poèmes en prose, 1869


Le souvenir, c’est la présence invisible.

Victor Hugo

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MessageSujet: Re: Vos poèmes préférés . 1) Verlaine : Mon rêve familier Vos poèmes préférés . 1) Verlaine : Mon rêve familier - Page 2 Icon_minitimeLun 24 Juil - 15:05

c'est joliiiiiiiiiii bravo bravo


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MessageSujet: Re: Vos poèmes préférés . 1) Verlaine : Mon rêve familier Vos poèmes préférés . 1) Verlaine : Mon rêve familier - Page 2 Icon_minitimeMar 25 Juil - 23:56

Et UN SOURIRE




La nuit n'est jamais complète.
Il y a toujours, puisque je le dis,
Puisque je l'affirme,
Au bout du chagrin
Une fenêtre ouverte,
Une fenêtre éclairée,
Il y a toujours un rêve qui veille,
Désir à combler, faim à satisfaire,
Un cœur généreux,
Une main tendue, une main ouverte,
Des yeux attentifs,
Une vie, la vie à se partager.  

Paul Eluard
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MessageSujet: Re: Vos poèmes préférés . 1) Verlaine : Mon rêve familier Vos poèmes préférés . 1) Verlaine : Mon rêve familier - Page 2 Icon_minitimeSam 5 Aoû - 6:36

Une merveille de Paul Eluard. Merci Christophe.

Voici un souvenir d'école primaire que j'ai trouvé joliment illustré

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Victor Hugo

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MessageSujet: Re: Vos poèmes préférés . 1) Verlaine : Mon rêve familier Vos poèmes préférés . 1) Verlaine : Mon rêve familier - Page 2 Icon_minitimeSam 5 Aoû - 15:26

Bonjour Pestoune..

Oui il est trés beau le poéme d'Eluard.
Je crois que la beauté de ce texte d'Eluard réside dans le fait que sa lecture force la main à l'espoir et l'extirpe de la nuit avec des forceps pour l’installer dans le cœur de ceux qui ont en besoin.

Il faut croire le poète quand il dit que « la nuit n'est jamais complète » et ce, avec force et conviction car comme disait Aragon : "le poète a toujours raison".

Il est très touchant le poème que la petite fillette que tu as été a conservé dans sa mémoire.


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Restons avec les Chats

LE CHAT ET L'OISEAU  

Un village écoute désolé
Le chant d'un oiseau blessé
C'est le seul oiseau du village
Et c'est le seul chat du village
Qui l'a à moitié dévoré
Et l'oiseau cesse de chanter
Le chat cesse de ronronner
Et de se lécher le museau
Et le village fait à l'oiseau
De merveilleuses funérailles
Et le chat qui est invité
Marche derrière le petit cercueil de paille
Où l'oiseau mort est allongé
Porté par une petite fille
Qui n'arrête pas de pleurer
Si j'avais su que cela te fasse tant de peine
Lui dit le chat
Je l'aurais mangé tout entier
Et puis je t'aurais raconté
Que je l'avais vu s'envoler
S'envoler jusqu'au bout du monde
Là-bas où c'est tellement loin
Que jamais on en revient
Tu aurais eu moins de chagrin
Simplement de la tristesse et des regrets

Il ne faut jamais faire les choses à moitié.

_______________________________________

Jacques PRÉVERT

bye


"L'âme est notre demeure,
Nos yeux sont ses fenêtres et nos lèvres ses messagers !"

Khalil Gibran
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MessageSujet: Re: Vos poèmes préférés . 1) Verlaine : Mon rêve familier Vos poèmes préférés . 1) Verlaine : Mon rêve familier - Page 2 Icon_minitimeSam 5 Aoû - 21:26

J'ai appris à n'apprécier la poésie que très récemment. Prévert reste un de mes auteurs favoris, tellement proche des gens même des plus humbles, il touche chacun.
J'ai toujours aimé le cancre. L'histoire de ce petit garçon rêveur qui laisse partir son esprit pendant la classe.


Le souvenir, c’est la présence invisible.

Victor Hugo

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MessageSujet: Re: Vos poèmes préférés . 1) Verlaine : Mon rêve familier Vos poèmes préférés . 1) Verlaine : Mon rêve familier - Page 2 Icon_minitimeDim 6 Aoû - 21:01

Bonsoir...

Ne plus te voir
________________________________________
Ne plus te voir
C’est chercher dans les particules d’air ta respiration
Dans chaque grain de sable ta peau
Dans chaque larme ton goût
Derrière l’arbre ton ombre

Ne plus te voir
C’est courir dans le vide pour suivre ton pas
Tourner la tête partout derrière tes yeux
Me recroqueviller sur mon corps adossé à ton bras
Ne plus te voir
C’est écouter ta voix qui tambourine contre mon âme
Ouvrir toutes les portes du temps sur ta silhouette

Ne plus te voir
C’est déshabiller mon cœur et t’attendre sous le drap
Scruter mes mains regorgeant de ton odeur

Ne plus te voir
C’est m’étendre sur le sol et murmurer tes mots
Prendre toute poignée de terre et souffler dessus mes poumons
Épier les bourgeons qui porteront ton visage

Ne plus te voir
C’est habiller le vent d’espérances et le laisser partir
Féconder l’eau des ruisseaux de tous les chagrins et ne laisser nul s’y abreuver

Ne plus te voir
Ne plus te voir
Qui comprendrait ?

Siham Bouhlal


----------

J'ai beaucoup beaucoup aimé ce poème de cette poétesse que j’ai découvert récemment. ... en tous les cas une chose est sûre c'est qu'elle a un bel avenir littéraire si elle continue sur cette lancée.

j'ai tellement aimé ce texte que j'ai eu envie de lui répondre avec beaucoup moins de talent cependant,   ...pour la rassurer .. haha  haha


Ne plus me voir ?


Est-ce possible moi qui suit toi

Moi qui t’ai inventée

qui sui suis tes yeux et cette bouche qui me parle ?

Et ce cœur en mon pouvoir ?

Moi qui suis de tes mots et la lettre et leur esprit

Ne plus me voir est-ce possible ?

Moi qui suis autant ta folie que ta raison.


T’est-il possible de ne pas me voir
ou même le vouloir

Moi qui t'habite et qui t’obsède


tu ne peux ne pas me voir
tes sandales ne connaissent que le chemin qui mènent vers moi.


Tu ne peux vouloir.
Tu n'as pas à vouloir

Mets tes sandales et viens vers nous.






"L'âme est notre demeure,
Nos yeux sont ses fenêtres et nos lèvres ses messagers !"

Khalil Gibran
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Pestoune

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MessageSujet: Re: Vos poèmes préférés . 1) Verlaine : Mon rêve familier Vos poèmes préférés . 1) Verlaine : Mon rêve familier - Page 2 Icon_minitimeDim 6 Aoû - 21:45

Alors pour ta réponse, j'ai envie de dire : Chef oui chef. Surtout après les 3 derniers vers : Tu ne peux vouloir.
Tu n'as pas à vouloir

Mets tes sandales et viens vers nous.
vilmdr

Quant au poème de Siham Bouhlal, quelle merveille. M'autorises-tu à partager ce poème sur mon blog, Christophe ?


Le souvenir, c’est la présence invisible.

Victor Hugo

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